Rencontre avec Marylou Sidibé
Quand elle accouche de son premier enfant, Marylou Sidibé pense savoir exactement quoi faire.
Après tout, le sport, c’est son terrain. Ancienne sportive de haut niveau en équipe de France de Taekwondo, coach fitness, professeure de musculation, habituée aux entraînements intenses et à la discipline physique, elle connaît le corps. Ou du moins, elle croit le connaître.
Alors elle reprend. Les exercices. Les efforts. Le rythme.
Mais quelque chose ne fonctionne plus.
Ses jambes répondent. Ses épaules aussi. Pourtant, à l’intérieur, les sensations ont disparu. Son ventre semble affaissé, son centre instable. Le corps suit… sans réellement tenir.
Puis un jour, pendant une séance de Pilates, une coach lui parle d’un mot qu’elle n’avait quasiment jamais entendu auparavant : le diastasis.
À ce moment-là, elle comprend qu’elle aurait pu continuer à forcer, continuer à “reprendre le sport”, sans jamais reconstruire ce qui soutient réellement le corps après une grossesse.
Et cette prise de conscience va complètement changer la suite.
Marylou Sidibé n’était pas une débutante, elle évoluait déjà dans le monde du fitness depuis des années.
Elle avait travaillé dans plusieurs salles de sport à Paris, donné des cours collectifs, accompagné des adhérents sur plateau musculation, tout en gardant une approche très marquée par les sports de combat.
Son parcours dans le Taekwondo, son passage dans Koh-Lanta, son tempérament très engagé dans l’effort lui avaient construit une logique simple : avancer, pousser, reprendre vite.
Mais après sa grossesse, cette logique ne fonctionne plus.
Elle découvre alors un décalage immense entre ce que vivent les mamans et ce qui leur est réellement proposé après un accouchement. Les séances de rééducation existent. Pourtant, beaucoup restent seules avec leurs douleurs, leur fatigue, leur perte de confiance ou leurs sensations corporelles modifiées.
Le sujet dépasse largement le ventre plat.
Elle explique qu’une femme peut reprendre une activité physique sans avoir réellement récupéré ses fondations. Certaines continuent avec des douleurs lombaires, une sensation de pesanteur, des fuites urinaires ou un diastasis encore présent, simplement parce qu’elles ne savent pas par où commencer.
À cette période, le Pilates n’a pas encore explosé comme aujourd’hui. Pourtant, dès 2018, elle commence déjà à parler du sujet sur les réseaux sociaux. À l’époque, l’univers fitness met surtout en avant les physiques très esthétiques, les transformations rapides, les silhouettes sculptées. Son discours tranche complètement.
Elle parle respiration. Transverse. Récupération interne. Réappropriation du corps.
Et peu de gens l’écoutent. Mais elle continue. Parce qu’entre-temps, elle expérimente elle-même cette reconstruction grossesse après grossesse. Elle applique ses propres protocoles sur son corps, observe ses récupérations évoluer, affine progressivement son approche.
Pour sa première grossesse, elle décrit un diastasis important. Puis une meilleure récupération lors de la deuxième. Puis encore davantage de stabilité après la troisième.
Plus elle avance, plus elle comprend qu’il ne s’agit pas simplement de “retrouver la ligne”, mais de retrouver du soutien, de la sécurité et de la confiance.
C’est à ce moment-là qu’elle décide de structurer sa méthode. Pas uniquement autour du sport. Autour d’un accompagnement global.
Le projet prend alors le nom de MAYDI.
Un mélange entre les prénoms de ses enfants et l’expression anglaise “Make You Do It”. Une manière d’assumer cette idée de passage à l’action, mais aussi de transmission.
Son approche commence dès les premiers jours après l’accouchement. Pas avec des séances intensives. Avec la respiration. Des mouvements simples. La réactivation du transverse. La mobilisation du périnée. Le drainage. Le travail progressif du centre du corps. Puis, étape après étape, la reconstruction.
Elle insiste sur une notion qu’elle considère essentielle : la progression.
Parce qu’après une grossesse, “reprendre le sport” ne veut rien dire en soi.
Entre une reprise douce, quelques exercices au poids du corps ou un retour au CrossFit, les besoins ne sont évidemment pas les mêmes.
Son travail consiste justement à recréer ces étapes intermédiaires souvent absentes.
Ce qui l’a aussi frappée au fil du temps, c’est la solitude des mamans après l’accouchement. Pendant la grossesse, l’attention est présente. Puis soudain, tout bascule autour du bébé. Les douleurs restent. La fatigue aussi. La charge mentale s’installe. Certaines perdent confiance, s’isolent, s’épuisent.
Alors MAYDI ne devient pas uniquement une plateforme de programmes.
Pour le Mindset, la communauté prend une place centrale.
Des groupes WhatsApp se créent. Les mamans échangent toute la journée, se soutiennent, racontent leurs difficultés, leurs progrès, leurs journées compliquées. Cette dynamique devient une partie intégrante du projet.
Parce que derrière la récupération physique, Marylou parle surtout de reprise de pouvoir sur sa propre vie.
Elle relie constamment le corps et le mental.
Son passé de sportive de haut niveau, la préparation mentale, l’expérience du dépassement dans Koh-Lanta nourrissent cette vision très directe du mindset : se remettre au centre, retrouver de l’énergie, reconstruire progressivement une stabilité physique et émotionnelle.
Avec le temps, la marque sort du digital.
Des événements sont organisés à Paris. Des rencontres avec la communauté. Des journées mêlant Pilates, conférences, mindset, nutrition, échange et fitness. Lors d’un événement sur les Champs-Élysées, plus d’une centaine de mamans se retrouvent autour de cette même idée : reprendre confiance à travers une approche globale.
L’univers visuel, les accessoires, les tapis, les élastiques, les gourdes, tout participe à construire une identité forte autour de MAYDI.
Mais au fond, le cœur du projet reste le même.
Aider les femmes à reconstruire leurs fondations avant de repartir. Pas pour correspondre à une image. Pour retrouver des sensations, de la stabilité et de la confiance dans leur propre corps.
Au départ, Marylou Sidibé cherchait simplement à comprendre pourquoi son propre corps ne réagissait plus comme avant.
Cette question personnelle est devenue une méthode, puis une communauté, puis une marque entière construite autour d’un constat simple : après une grossesse, beaucoup de femmes reprennent tout… sans avoir réellement récupéré.
Son approche ne promet pas une transformation spectaculaire en quelques semaines.
Elle propose autre chose.
Recommencer par les bases. Respirer. Reconstruire. Retrouver progressivement un corps solide, stable et sécurisé avant de vouloir aller plus loin.
Et parfois, c’est précisément là que la vraie transformation commence.
FAQ
Qu’est-ce que le diastasis après grossesse ?
Le diastasis correspond à un écartement des muscles abdominaux au niveau de la ligne blanche après une grossesse. Il peut provoquer une sensation d’instabilité, des douleurs ou compliquer la reprise du sport.
Peut-on reprendre le sport rapidement après un accouchement ?
La reprise dépend du type d’activité et de l’état du corps après la grossesse. Une reprise progressive et adaptée est souvent nécessaire avant de retourner vers des efforts plus intenses.
Pourquoi certaines femmes ont encore mal au dos après leur grossesse ?
Le manque de récupération des muscles profonds, du transverse ou du périnée peut maintenir des déséquilibres et des douleurs plusieurs mois après l’accouchement.
Le Pilates est-il utile en post-partum ?
Le Pilates peut aider à reconnecter le centre du corps, améliorer la respiration et reconstruire les fondations avant une reprise sportive plus intense.
Peut-on commencer une récupération post-partum plusieurs années après avoir accouché ?
Oui. Certaines femmes commencent ce travail longtemps après leur grossesse lorsqu’elles ressentent encore des douleurs, une perte de stabilité ou un manque de confiance physique.
Pourquoi la respiration est-elle importante après une grossesse ?
La respiration permet notamment de réengager le transverse et de reconnecter progressivement les muscles profonds sollicités pendant la grossesse.
Comment retrouver confiance dans son corps après un accouchement ?
La récupération physique, le mouvement progressif et le soutien d’une communauté peuvent aider à retrouver de meilleures sensations et une relation plus sereine avec son corps.


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