Logiciel de gestion pour salle de sport : comment Sportigo automatise l’acquisition et la fidélisation
Rencontre avec Dan Amara et Laurent Ait lhadj, fondateurs de Sportigo. À l’accueil d’une salle de sport, le problème du jour n’a rien à voir avec une séance, un programme d’entraînement ou un adhérent à remotiver. Le problème est sur l’écran.En 2015, Laurent regarde son professeur s’arracher les cheveux avec son logiciel de gestion. Expert du paiement dans une entreprise tech, il observe la scène et se dit qu’il y a quelque chose à faire.


Rencontre avec Dan Amara et Laurent Ait lhadj, fondateurs de Sportigo
À l’accueil d’une salle de sport, le problème du jour n’a rien à voir avec une séance, un programme d’entraînement ou un adhérent à remotiver. Le problème est sur l’écran.
En 2015, Laurent regarde son professeur s’arracher les cheveux avec son logiciel de gestion. Expert du paiement dans une entreprise tech, il observe la scène et se dit qu’il y a quelque chose à faire.
Il se met à travailler à l’accueil de la salle. Pendant trois ans, il passe par différents rôles, du coaching à l’assistance, tout en construisant le logiciel qui deviendra Sportigo. Le produit se façonne au milieu des adhérents, des inscriptions, des paiements, des plannings et des contraintes quotidiennes d’un club.
Cette origine raconte déjà une grande partie de la philosophie de Sportigo : partir de ce qui se passe réellement dans une structure sportive avant de décider de ce qu’un logiciel devrait faire.
Quelques années plus tard, l’enjeu a changé d’échelle. Sportigo ne cherche plus seulement à gérer une salle de sport. La plateforme veut accompagner tout le parcours de l’adhérent, depuis le moment où il devient prospect jusqu’à sa fidélisation, tout en simplifiant le quotidien du gérant et de ses équipes.
Un logiciel de gestion de salle de sport peut-il vraiment agir sur le développement du club ?
Un logiciel de gestion fitness remplit traditionnellement des fonctions bien identifiées : gérer les adhérents, organiser les plannings, suivre les paiements, administrer les réservations ou centraliser certaines données.
Sportigo couvre cette base. Mais il y a environ deux ans, l’équipe s’est posé une autre question : une fois que toutes ces fonctions existent, que doit apporter le logiciel de demain ?
La réponse s’est progressivement déplacée vers deux enjeux très concrets pour les gérants : acquérir davantage d’adhérents et réussir à les conserver.
C’est à ce moment-là que Sportigo commence à dépasser le rôle traditionnel d’un ERP ou d’un CRM fitness pour connecter davantage la gestion du club à sa performance commerciale.
L’outil intègre notamment des tunnels de vente directement déployables sur le site Internet d’une salle. Ils peuvent reprendre l’univers graphique du club et permettre à un visiteur de créer son compte, acheter une formule, payer par carte ou prélèvement, réserver un cours d’essai ou demander un bilan forme sans avoir l’impression de quitter le site de l’enseigne.
Sportigo peut également récupérer les leads provenant des campagnes publicitaires afin qu’ils entrent directement dans le parcours commercial du club.
Selon les résultats observés par l’entreprise, ces tunnels ont permis d’améliorer en moyenne de 30 % le taux de conversion des gérants concernés.
Le logiciel n’intervient donc plus seulement après l’inscription. Il commence avant.
Du prospect à l’adhérent : automatiser sans perdre le fil de la relation
Un prospect remplit un formulaire sur le site. Immédiatement, une première communication peut partir. Un appel peut ensuite être planifié. Si la personne ne transforme pas son essai, une nouvelle séquence peut prendre le relais.
Une fois l’adhésion réalisée, le même principe continue.
Sportigo permet de construire des scénarios d’onboarding associant emails, SMS, appels, sondages ou NPS. Le club peut ainsi formaliser une méthode d’accompagnement et éviter que le suivi d’un nouvel adhérent dépende uniquement de la mémoire ou de la disponibilité de l’équipe présente ce jour-là.
L’automatisation n’a alors pas pour objectif de faire disparaître l’humain. Elle sert à organiser les moments où une intervention doit avoir lieu.
Le vrai défi des clubs : avoir un logiciel complet que les équipes utilisent vraiment
Un logiciel peut posséder des dizaines de fonctionnalités et rester sous-utilisé. C’est précisément le problème que Sportigo cherche à éviter.
Chez de nombreux gérants indépendants, la difficulté ne vient pas seulement de l’absence d’outils. Elle vient de la manière dont ces outils sont utilisés par les équipes.
Un salarié part. Un autre arrive. Il faut former le nouveau collaborateur. Expliquer les procédures. Vérifier que les informations sont saisies. Et le gérant se retrouve régulièrement rappelé à l’opérationnel alors même qu’il dispose d’une équipe.
Sportigo a donc fait de la simplicité d’usage l’un de ses deux grands axes de différenciation, avec la richesse fonctionnelle. Derrière une interface logicielle, c’est finalement une méthode d’organisation du club qui se dessine.
Le système indique moins à l’équipe où aller chercher l’information qu’il ne lui montre ce qu’elle doit faire.
Détecter le moment où un adhérent commence à décrocher
L’acquisition ne représente pourtant qu’une partie de l’équation économique d’une salle de sport. Faire entrer un nouvel adhérent est une chose. Éviter qu’il disparaisse progressivement en est une autre.
Sportigo analyse plusieurs éléments du comportement d’un adhérent : sa présence dans le club, la lecture des emails, les cours annulés ou encore les éventuels impayés.
L’objectif est d’identifier le moment où son comportement commence à correspondre à un risque de résiliation ou de décrochage, puis de permettre au club de déclencher une communication adaptée. L’entreprise dispose de plus d’un demi-million d’utilisateurs de son application mobile, dont les comportements permettent d’alimenter cette logique statistique. La fidélisation devient ainsi moins abstraite.
Quand la fidélisation passe aussi par le jeu et la récompense
Sportigo développe également une autre approche de la rétention : la gamification.
L’adhérent peut gagner des badges ou participer à des challenges imaginés par son club. Un système de points peut lui permettre d’atteindre différents statuts définis par le gérant et, éventuellement, d’obtenir des avantages associés.
La logique recherchée est celle d’un cercle vertueux.
Plus la personne vient, plus elle peut progresser dans l’écosystème imaginé par le club. Et plus elle fréquente la structure, plus la relation avec celle-ci peut s’installer dans la durée. La fidélisation consiste également à créer des raisons supplémentaires de revenir, de participer et de s’engager dans la vie de la salle.
Se faire une place face aux logiciels historiques du fitness
Le marché des logiciels de gestion fitness n’est pas un terrain vierge.
Plusieurs acteurs historiques équipent des clubs depuis de nombreuses années et changer de système de gestion reste une décision engageante pour une salle : il faut récupérer les données, accompagner les équipes et organiser la bascule sans perturber le fonctionnement quotidien.
Pourtant, environ 30 % des nouveaux clients de Sportigo disposent déjà d’un autre logiciel lorsqu’ils arrivent sur la plateforme.
Les migrations font donc partie du quotidien de l’entreprise.
Au printemps 2026, Sportigo travaillait avec un peu plus de 1 000 salles. L’équipe comptait treize personnes réparties entre Paris et Milan, avec une activité principalement développée en France et une implantation croissante en Italie.
Retourner sur le terrain pour construire le produit
Sportigo est une entreprise technologique, mais son équipe ne vient pas exclusivement de l’univers du fitness. Dan Amara a passé dix ans dans la finance de marché avant de travailler dans des start-up internationales, notamment sur des problématiques d’européanisation et de paiement.
Plutôt que de construire le produit uniquement depuis les bureaux de l’entreprise, l’équipe multiplie donc les échanges avec les gérants.
Dan Amara explique avoir rencontré ou échangé avec environ 1 000 gérants différents au cours d’une année afin de comprendre leurs besoins et les problèmes qu’ils rencontrent réellement. La boutique en ligne intégrée à Sportigo a par exemple été construite de cette manière, en travaillant les différentes étapes avec des clients : panier, commande, paiement, facturation, préparation et retrait sur place.
L’intelligence artificielle entre progressivement dans la salle
La prochaine étape passe également par l’intelligence artificielle.
Sportigo l’intègre déjà dans la création de séquences de communication. L’objectif ne consiste pas uniquement à générer un texte : le système peut prendre en compte le type de salle, sa manière de communiquer avec ses adhérents, son positionnement marketing, puis intervenir sur l’écriture, la stratégie ou la cadence des communications.[NJ1.1]
L’IA intervient également dans l’analyse des profils susceptibles de décrocher. Sportigo travaille sur des systèmes capables d’apprendre davantage du fonctionnement d’une structure afin que la définition d’un adhérent à risque ne soit pas nécessairement identique d’un club à l’autre.
Une partie de ces développements est réalisée en interne et une autre s’appuie sur des algorithmes d’intelligence artificielle existants.
L’ambition reste cependant cohérente avec le reste du produit : développer des modules supplémentaires sans perdre la facilité d’utilisation.
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