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HFA 2026 : les 3 tendances qui redessinent le fitness

Retour sur HFA 2026 à San Diego : force, Pilates reformer et recovery, trois tendances qui redessinent le fitness et ses usages.

Nadège Jorand
Directrice marketing
Publié le
April 2, 2026
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Retour sur HFA, la Health and Fitness Association, anciennement IHRSA, association à but non lucratif basée à Boston, qui fait office de référence internationale du secteur depuis plus de 47 ans.

Une évidence s’impose au fil des stands : le fitness n’avance plus par petites touches, il bascule par vagues. Entre les nouvelles machines de force, les reformers partout et l’explosion du recovery, tout semble converger vers une même idée : le club de demain ne ressemblera plus à celui d’hier.

Ce qui frappe d’abord, c’est le changement d’échelle. Des marques historiques aux nouveaux acteurs, tout le monde cherche à capter des usages plus larges, plus précis, plus féminins, plus fonctionnels.

Cette évolution révèle un basculement profond du marché : la musculation ne se limite plus au découpage muscle par muscle, le Pilates reformer quitte le studio pour entrer dans les clubs, et le recovery devient un espace à part entière.

Tendance 1 = La force revient en tête

Pendant des années, la force semblait avoir stagné en équipement. Cette fois, la catégorie repart avec de nouvelles machines, des modèles plus spécialisés, plus confortables et pensés pour des mouvements plus précis.

Le marché s’adapte aussi à une transformation de fond : la pratique féminine de la musculation a fortement progressé, et les marques l’ont compris. Booty Builder a ouvert la voie avec des appareils dédiés aux femmes, puis les grands acteurs comme Matrix, Technogym, Core Health & Fitness ou Life Fitness ont suivi avec leurs propres gammes.

Ce mouvement ne concerne pas seulement les femmes, mais l’ensemble du marché. La demande a changé, les usages aussi, et la force revient avec une logique plus large : plus d’accessibilité, plus de spécialisation, plus de confort.

Du corps isolé au geste global

Un autre glissement apparaît clairement : on s’éloigne du travail totalement segmenté, muscle par muscle, pour revenir à une approche plus fonctionnelle. L’idée n’est plus seulement d’isoler, mais de faire travailler une chaîne musculaire dans sa globalité.

Un exemple l’illustre bien : un rack à squat mobile, non seulement verticalement mais aussi horizontalement, ouvre davantage de possibilités de mouvement. Ce type d’innovation montre que la musculation continue d’évoluer, même après des décennies d’industrialisation du secteur.

Le fitness devient mondial

HFA reste un salon très B2B, mais l’événement reflète désormais une ouverture beaucoup plus large. Aux côtés des grandes marques américaines et internationales, les acteurs japonais, coréens, chinois et vietnamiens prennent de plus en plus de place.

Fitex Paris s’inscrit pleinement dans cette dynamique, avec 30% d’exposants étrangers

Cette internationalisation va avec une autre tendance : le B2B vend de plus en plus au B2C. Les marques cherchent à conserver leur nom, leur image et leur continuité entre les clubs et les particuliers, afin de créer un effet de marque cohérent. Le consommateur qui s’entraîne déjà sur une marque en club peut ensuite avoir envie de retrouver cette même marque chez lui.

Le cardio change de visage

En cardio, l’innovation est plus rare, mais un appareil ressort : le CLMBR. Il se distingue par une position du corps bien placée et un mouvement ascendant qui limite l’impact, contrairement au tapis roulant, au rameur ou à l’elliptique.

Dans le même temps, le running en intérieur profite d’un nouvel engouement. La course grand public semble être entrée dans une nouvelle ère. Dans les années 80, on court en footing. À la fin des années 90, on ralentit avec le jogging. Aujourd’hui, on entre dans l’ère du running : plus rapide, plus engagé, plus actuel.

Tendance 2 = Le Pilates reformer s’impose

Le Pilates reformer n’est plus une niche. Là où, l’année précédente, il restait surtout l’affaire des studios, il se retrouve désormais chez les plus grandes marques mondiales : Matrix, Technogym, Life Fitness, Core Health & Fitness et Precor proposent toutes des reformers.

Le phénomène dépasse le haut de gamme. Des clubs high-value low-price commencent aussi à s’y intéresser, parfois avec des reformers équipés d’un écran. Le mouvement touche également les indépendants, qui cherchent à intégrer cette pratique dans leurs offres.

Le vrai point de tension se situe désormais sur l’encadrement : l’offre de profs ne suit pas toujours la demande. Le reformer se diffuse vite, mais la qualité de l’enseignement devient un enjeu central.

Tendance 3 = Le recovery explose

C’est peut-être la catégorie qui évolue le plus vite. D’une année sur l’autre, le recovery passe de quelques marques à une quinzaine d’acteurs visibles, avec des univers très variés : sauna infrarouge, cryothérapie, massage, compression, lits de récupération, eau, chaleur ou froid.

Le modèle économique change aussi. Dans certains clubs low cost, une zone recovery peut devenir une source de revenu supplémentaire, facturée à part. Le fitness ne vend plus seulement du sport : il vend aussi de l’expérience, du confort et des services complémentaires.

Ce que cela raconte du marché

Au fond, ces tendances racontent la même chose : le fitness s’élargit, se féminise davantage, se spécialise, puis se recompose autour de nouvelles expériences. La force se renouvelle, le Pilates reformer s’industrialise, le running se structure, le recovery devient une promesse commerciale à part entière et l’entrainement de force devient l’entrainement le plus répandu dans le monde.

Ce n’est pas une rupture spectaculaire, mais une série de glissements très nets. Et dans le fitness, ce sont souvent ces glissements qui finissent par redessiner tout le marché.